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Peut-on être certain de l'historicité de Jésus ?
Si Jésus n'était qu'un personnage imaginaire, pourquoi les quatre évangélistes seraient-ils parfois si discordants d'un texte à l'autre ? N'auraient-ils pas dû donner de Jésus une image cohérente, un portrait harmonieux, dans le souci primordial d'écarter les soupçons ? Si ce Jésus avait été inventé pour jouer le rôle du sauveur qu'Israël attendait, pourquoi n'avoir pas vu en lui par exemple le héros de la fin des temps (les modèles sont nombreux dans la Bible) ? Pourquoi en faire une victime ? Pourquoi inventer l'échec de sa mission ? Si Jésus permettait d'incarner la figure d'un réformateur radical du judaïsme, voire le créateur d'une nouvelle religion, pourquoi les quatre évangiles s'ingénieraient-ils à l'ancrer dans le judaïsme, et surtout s'emploieraient-ils à le faire désigner par ses juges et par ses bourreaux comme « roi des Juifs » ? Si Jésus n'était qu'une fiction, un personnage héroïque destiné un jour à convertir l'immense Empire romain, pourquoi le faire mourir sur la croix, supplice qui désignait aussitôt les romains comme les auteurs de sa mort ? Pourquoi tant de complications, de contorsions ? Pourquoi tant de perversité ? Du point de vue de ceux qui avaient à écrire l'histoire de Jésus, ce sont au contraire toutes ces difficultés à résoudre qui plaident en faveur de l'authenticité historique. Et tout particulièrement le souvenir de la crucifixion, suplice horrible et infâmant. C'est paradoxalement parce que les textes chrétiens ont conservé ces traces gênantes, que l'historicité même de Jésus, contrairement à ce que prétendent les rationalistes, est difficile à mettre en cause - bien qu'il n'existe aucune preuve positive. Rappelons que jamais les adversaires du christianisme aux premiers siècles, qu'ils soient juifs ou païens, n'ont mis en cause l'existence de Jésus. Ils ont combattu la doctrine de ses disciples qui voyaient en lui le Christ, le Messie, voire Dieu incarné, mais ils n'ont jamais contesté la réalité de sa personne. |
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Cinq thèses différentes sur l'existence de Jésus :
1) La thèse traditionaliste : Pour la frange conservatrice des catholiques et les intégristes, tout ce qui est consigné dans les Évangiles est absolument authentique. Ces récits sont de parfaits documents historiques, rédigés par des témoins directs, inspirés par le Saint-Esprit. Les contradictions que l'on y découvre ne sont qu'apparentes. Cette thèse fait de nos jours un retour en force, avec les publications à prétention scientifique de chercheurs chrétiens tels que Thiede. 2) La thèse séculariste : Le Jésus dépeint dans les Évangiles ressemble de près au Jésus ayant existé au Ier siècle de notre ère, mais certains détails plus ou moins légendaires ont été ajoutés (naissance virginale, certaines paraboles, les miracles etc. - selon l'optique des auteurs, la Résurrection fait ou non partie de ces détails). C'est la thèse prédominante aujourd'hui (Stanton, Duquesne,...). Elle est consignée dans les manuels scolaires. 3) La thèse cryptique : Jésus a existé, mais il n'a pas du tout été l'homme représenté par les évangélistes. Selon les interprétations, il a été un révolutionnaire, un Juif millénariste, un sicaire, un zélote etc. Un tel point de vue a été partagé par l'ex-abbé Turmel, Eisler, Rougier, etc. 4) La thèse minimaliste : Jésus a existé, mais on ne peut avec certitude le dépeindre tel qu'il était, ni décrire ce qu'il a accompli, car le mythe a entièrement recouvert le personnage. C'est l'option choisie par Loisy et Guignebert. 5) La thèse mythiste : Jésus n'a pas existé. Aucun document probant n'atteste de son existence. Les diverses interprétations des historicistes, additionnant les conjectures, ne font que compliquer le problème. De nombreux indices portent à croire que Jésus n'est qu'un mythe au même titre que Mithra ou Apollon, et qu'il est le fruit d'une élaboration théologique tardive. Ce courant a été dominé par les travaux de Couchoud, Alfaric, Las Vergnas, Fau, Ory. Les trois derniers courants partagent l'idée que les Évangiles ont été écrits tardivement et que leurs auteurs ont contrefait l'histoire. Leur divergence porte seulement sur le fait que les uns suggèrent que Jésus est un homme divinisé, tandis que les autres estiment qu'il s'agit d'un Dieu humanisé. |
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La dernière (fausse) preuve de l'existence de Jésus.
Le véritable drame du christianisme est que, deux mille ans après, les chrétiens attendent encore fébrilement des preuves de l'existence de Jésus. L'alerte récente qui avait donné du baume au cœur à certains s'est révélée être une supercherie supplémentaire qui s'inscrira dans la longue liste des mensonges et affabulations de l'Eglise.
La solution est venue le 18 juin 2003 d'analyses effectuées par le département des antiquités israélien : l'urne est authentique mais les inscriptions sont récentes, elles y ont été apposées dans le but de donner un sens religieux à l'objet. Il s'agit donc d'une supercherie et le propriétaire de l'ossuaire est soupçonné d'être lié à l'arnaque. Il faut remarquer que cette nouvelle information a fortement dévalorisé l'objet qui est passé de plus d'un million de dollar à... rien du tout. Enfin, le 21 juillet 2003, le propriétaire de l'objet, qui est aussi marchand d'antiquités, a été arrêté par la police israélienne. Odad Golan est accusé d'être le responsable de la tromperie. Des instruments utilisés pour la réalisation de ce genre de faux, ainsi que des faux partiellement réalisés, ont été trouvés à son domicile à Tel Aviv. |
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Quelle est la date de naissance de Jésus ?
Bien que Jésus soit né de Marie, soi-disant restée vierge et enfantée par le Saint-Esprit, les rédacteurs des Évangiles ont cru bon de préciser sa filiation du côté de Joseph, le charpentier. Or, les opinions diffèrent dès le père de Joseph : Matthieu et Jean affirment qu'il s'agit de Jacob alors que Luc prétend qu'il a pour nom Heli. Pour sa part, Marc ne s'exprime pas sur ce point. Matthieu et Luc n'hésitent pas à reconstituer l'arbre généalogique complet jusqu'au roi David... mais avec un nombre de générations différent : 27 selon Matthieu et 42 selon Luc. |
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L'évangéliste Marc donne à penser que Jésus est né à Nazareth, en Galilée, mais Matthieu et Luc le font naître à Bethléem, en Judée. Hypothèse Nazareth : Jésus n'est-il pas appelé « le Nazaréen » ? Mais l'adjectif nazaréen entendu comme « homme du village de Nazareth » résulte d'une erreur de traduction de compilateurs tardifs. « De Nazareth » ou « nazaréthain » se traduit en grec par Nazarethenos, Nazarethanos, ou Nazarethaios et non par Nazarenos, Nazôraios ni même Nazarénos comme on le trouve dans les Évangiles. Si dérivation il y avait, elle serait telle qu'elle prendrait figure d'exception. Le « nazaréen » se rapproche plus certainement du nâzir hébreu qui désigne « le saint » ou « le consacré ». Circonstance aggravante pour Nazareth, aucun auteur du Ier siècle, Juifs y compris, ne mentionne le nom de la bourgade. Elle n'apparaît dans les textes qu'à la fin du IIe siècle. Hypothèse Bethléem : Alors, Jésus serait-il né à Bethléem ? Pas si simple. A nouveau, il est tentant de se demander si, conformément à leurs traditions, les rédacteurs n'auraient pas cherché directement la réponse à leur question dans les textes prophétiques. On trouve chez Michée l'information que le Sauveur naîtra à Bethléem (« Et toi Ephrata - Bethléem -, le moindre des clans de Juda, c'est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël »). La bourgade est, ne l'oublions pas, celle dans laquelle David aurait reçu l'onction royale ; riche symbole. On sait qu'aux environs de Béthléem, des païens célébraient déjà la naissance du Dieu des céréales, Tammouz (Adonis). Comme Hermès, Dionysos, Mithra ou Zeus, le dieu phénicien naissait dans une grotte, autre symbole, celui de la Terre-mère, de la matrice universelle - c'est bien ainsi, d'ailleurs, que nous représentons encore la crèche de Noël, popularisée au XIIIe siècle par St François d'Assise, à laquelle la tradition a ajouté le boeuf et l'âne, pour confirmer une prophétie d'Isaïe délaissée par les évangélistes. Les premières communautés chrétiennes ont donc investi ce site avec le désir de s'approprier un lieu sacré. Non seulement on ne peut trancher en faveur de l'une ou l'autre de ces deux hypothèse mais elles apparaissent aussi invraisemblables l'une que l'autre. Contresens, reprise d'un mythe folklorique inséré dans la vie du Christ, justification a posteriori d'anciennes prophéties : autant de signes qui appellent à la méfiance. |
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